"Guillaume, Guillaumette" appartient à la longue lignée des rondes enfantines françaises transmises oralement de génération en génération. Dans ce type de jeu chanté, les participants forment un cercle et posent des questions à un enfant placé au centre — ici Guillaume — sur ce qu’il a fait dans la journée : a-t-il bien déjeuné, bien jardiné ? Guillaume répond en rimant, et la ronde se poursuit jusqu’au refrain collectif.
La formule conclusive "Chacun s’embrassera, Et Guillaume restera" est caractéristique des jeux à baisers ou à gages : tous les joueurs du cercle échangent une accolade, tandis que Guillaume demeure au centre, prêt à repartir sur un nouveau couplet. Ce mécanisme de répétition et de désignation d’un personnage central est l’un des ressorts ludiques les plus anciens du répertoire enfantin français et européen.
L’existence de plusieurs variantes — l’une centrée sur le repas (pâté d’alouette), l’autre sur le jardinage (navets, courgettes) — témoigne d’une transmission essentiellement orale et d’adaptations locales ou saisonnières. Ce foisonnement de versions est typique des chansons populaires non fixées par l’imprimé, où chaque communauté, chaque instituteur ou chaque animateur pouvait librement adapter les paroles au contexte ou à la saison.
Ce type de ronde à personnage central a été largement documenté dans les recueils de folklore du XIXe et du début du XXe siècle, période durant laquelle ethnographes et collecteurs français s’attachèrent à consigner le répertoire des jeux chantés avant sa disparition avec l’urbanisation. "Guillaume, Guillaumette" continue aujourd’hui d’être pratiqué en école maternelle et dans certains mouvements de jeunesse, comme exemple vivant du jeu chanté traditionnel français.