Le chant des canuts

Le Chant des Canuts (ou Les Canuts) a été écrit en 1894 par Aristide Bruant.

Le texte est inspiré de la version française de Maurice Vaucaire du poème Les Tisserands de Silésie de Heinrich Heine. Ce texte avait remplacé le chant interprété par les révoltés de 1844 que cite le drame Les Tisserands de Gerhart Hauptmann, pièce mise en scène par André Antoine en 1893 au Théâtre-Libre à Paris dans une traduction de Jean Thorel.

Interprété par Bruant à l’Exposition universelle de Lyon en 1894, Le Chant des canuts est devenu un célèbre chant de lutte, au même titre que Le Temps des cerises ou Bella ciao, et a été repris par Yves Montand, Leny Escudero, Marc Ogeret, Francesca Solleville ou plus récemment par Éric la Blanche. En 1955, dans le disque Chansons populaires de France, Yves Montand modifie la fin de 3e strophe, « la révolte » au lieu de « la tempête » et « nous n’irons plus nus » au lieu de « nous sommes tout nus ». Cette modification, qui donne une tournure révolutionnaire au chant, est reprise par les interprètes ultérieurs.

Le 5 février 2017 et le 6 mars 2022, le candidat à l’élection présidentielle française Jean-Luc Mélenchon entonna quelques couplets du chant à la fin de ses deux meetings à Lyon.

Il pleut, il pleut, bergère

Les paroles ont été écrites par Philippe Fabre d’Eglantine, né à Carcassonne en 1750 et mort guillotiné en 1794. Philippe Fabre d’Eglantine était révolutionnaire et auteur du calendrier républicain, institué par la Convention le 24 octobre 1793.

Ce calendrier était très différent du nôtre : l’année commençait à l’équinoxe d’automne, le 22 septembre et les mois étaient les suivants : Vendémiaire‎, Brumaire‎, Frimaire‎, Nivôse‎, Pluviôse, Ventôse‎, Germinal‎, Floréal‎, Prairial‎, Messidor‎, Thermidor‎, Fructidor‎.

Feu de Bois

(Refrain) Feu de bois, feu qui chante, joli feu de bois,Feu qui chante dans le vent qui passe, je te voisEt je chante, joli feu de bois,Et je chante, je chante avec toi 1  – Ma mie veux-tu ce bouquetD’aubépine et de genêt ?L’ai cueilli dans la bruyère,Te le donnerai. 2 – Ma mie, qu’as-tu […]

E parrez Langonned

La chanson raconte le retour du service militaire d’un garçon de la Marine en poste à Lorient. En partant, il a laissé chez sa mère sa « petite amie adorée » à qui il ne pouvait pas écrire car il n’était pas allé à l’école.

Lorsqu’il revient, c’est pour assister au mariage de sa fiancée avec un autre.

La conclusion est la suivante : « Vous avez entendu, camarades / Voici un avis : Si vous voulez être trompé / Allez faire votre service / Et soyez félicitées / Vous toutes, jeunes filles / De faire cocus les garçons / Qui vont servir la France ». Le chant mélancolique est soutenu par les cordes acoustiques, en particulier celles de la guitare de Dan Ar Braz et du violon de René Werner. Il reprend le premier couplet en 2012 dans la chanson It doesn’t matter de Pat O’May pour l’album Celtic Wings (« Kenavo ma zad, ma mamm / Kenavo mignoned / Kenavo deoc’h tud yaouank / Eus parrez Langonned »).

<ins>Traduction:</ins>

1 – Au revoir, mon père, ma mère
Au revoir mes amis
Au revoir à vous, jeunes gens
De la paroisse de Langonnet

2 – On ne m’a pas donné le choix
Il m’a fallu partir
On m’a envoyé sur l’océan
Quittée ma Bretagne

3 – J’avais beaucoup de chagrin
En allant faire mon service
J’avais laissé à Langonnet
La fleur de ma jeunesse

4 – J’avais laissé chez sa mère
Ma petite amie adorée
On m’a envoyé à Lorient
Et là on m’a mis l’habit

5 – Mes yeux étaient brûlants
Le vent était haut
Dans le ciel il y avait des étoiles
Qui me jetaient leur clarté

6 – Si j’avais été à l’école
J’aurais écrit une lettre
Pour raconter toutes mes peines
Et ma plus grande misère

7 – Les voyages ont pris fin
Mon temps était arrivé
J’étais de retour au pays
Mon service terminé

8 – Le rossignol s’élevait
Et chantait une mélodie
Retrouvée ma Bretagne
J’était arrivé dans ma maison

9 – La première que j’ai vue
C’était la petite servante
Et je lui ai demandé
De prévenir ma jeune fille

10 – "Elle est là-bas, dans la grande salle
Avec la jeunesse
Des musiciens l’attendent
Pour aller à l’église"

11 – En entendant cela
Je suis resté stupéfait
J’ai couru à l’autre bout du village
Et là-bas je l’ai vue

12 – Vous avez entendu, camarades
Voici un avis :
Si vous voulez être trompés
Allez faire votre service

13 – Et soyez félicitées
Vous toutes, jeunes filles,
De faire cocus les garçons
Qui vont servir la France

Mazarinade

1650

Pendant la Fronde, les français se consolaient des impôts comme ils pouvaient. Les pamphlets contre Mazarin, chantés ou simplement publiés anonymement, faisaient fureur.

On les appelait les Mazarinades, et il y en eut dit-on plus de 4000 répertoriés!

Mais cela ne troublait guère le Cardinal qui laissait chanter car il savait se faire payer ! "Les français chantent ? C’est bon, c’est bon: ils paieront !" disait-il avec son accent italien.

Et Alexandre Dumas faisait chanter par Planchais les vers suivants dans "Les trois Mousquetaires" :

Un vent de fronde
S’est levé ce matin
Je crois qu’il gronde
Contre le Mazarin