Paroles de

Le troubadour

Paroles de

Le troubadour

Écouter sur :

11 – C’est l’empereur de Siam
Qui n’ayant pas d’enfant
Fit enculer sa femme
Par un éléphant blanc

1 – J’ai fait le tour du monde
Et partout j’ai baisé
Des brunes et des blondes
Le soir dans le fossé

2 – J’ai baisé des grenouilles
Enculé des crapauds
Qui me suçaient les couilles
Le soir au bord de l’eau

3 – C’est le troubaba, c’est le troubadour
Qui baise la nuit, et qui baise le jour
C’est le troubaba, c’est le troubadour
Qui baise la nuit, le jour, le troubadour

4 – C’est la reine d’Angleterre
Qui traversa la mer
Pour voir si les Français
Baisaient mieux que les Anglais

5 – Et saperlipopette
Des trente-six positions
C’est encore la levrette
Qui remporta l’ pompon

6 – C’est la reine d’Espagne
Qui dit à son mari
J’aime bien le champagne
Mais j’aime mieux ton vît

7 – Ce soir au clair de lune
Ô mon cher Alphonso
Je te taillerai une plume
Pour mettre à mon chapeau

8 – C’est la reine d’Autriche
Qui sur son canapé
S’ faisait p’loter les miches
Par un jeune français

9 – Au bout de trente-six semaines
Ô chose inattendue
Elle s’aperçut qu’ son ventre
Était plus gros qu’ son cul

10 – C’est l’empereur de Chine
Qui n’est pas convaincu
Qu’en bas de son échine
Se trouve le trou d’ son cul

À propos

« Le Troubadour », aussi appelé « Le Troubaba », est une chanson paillarde française transmise oralement dans les milieux militaires et estudiantins. Son refrain répétitif et sa galerie de souverains étrangers en font un exemple représentatif de la satire grivoise à la française. Ce répertoire, héritier des fabliaux médiévaux, illustre la tradition d’irrévérence populaire envers les puissants.

Histoire

La chanson paillarde est l’un des genres les plus anciens et les plus vivants du patrimoine chanté français. Héritière des fabliaux médiévaux et de la verve des clercs goliards, elle s’est épanouie au fil des siècles dans les casernes, les grandes écoles et les bivouacs, se transmettant quasi exclusivement par voie orale, loin de la censure des recueils imprimés.

« Le Troubadour » joue sur un contrepied délibéré : là où le troubadour médiéval chantait l’amour courtois et l’idéal féminin, son homonyme paillard parcourt le monde dans une parodie burlesque, renversant avec gouaille toutes les conventions du genre noble. Ce retournement ironique de la figure du poète-chanteur est un ressort comique récurrent dans le répertoire populaire français.

La structure du chant — une succession de couplets mettant en scène des souverains étrangers (la reine d’Angleterre, la reine d’Espagne, l’empereur de Chine, l’empereur de Siam) — est un procédé classique de la chanson paillarde française : en prêtant des aventures scabreuses aux puissants de ce monde, elle tourne en dérision l’autorité et les convenances. Ce type de satire par l’absurde est attesté dans le répertoire oral français au moins depuis le XVIIIe siècle.

Aucun auteur ni date de composition certifiée ne peut être attribué à « Le Troubadour ». Comme la plupart des chansons de ce corpus, il appartient au domaine de la création collective anonyme, retravaillée de régiment en régiment et de promotion en promotion au fil des générations.

La Paimpolaise

Parmi tous les airs associés à la ville, il en est un qui traverse les décennies : La Paimpolaise, de Théodore Botrel.

Elle est née d’un hasard, en 1895. Un chansonnier du cabaret le Chien noir, à Paris, est malade. On propose à l’inconnu dinannais de le remplacer.

En quelques heures (comme il l’indique dans ses Souvenirs d’un barde errant), il se compose « un programme nouveau ».

Parmi ces airs neufs, la Paimpolaise… qui ne soulève pas les foules. Jusqu’à ce que s’en empare Félix Mayol, un an plus tard.

La carrière de l’élégant amateur de chansons grivoises est lancée, la chanson aussi. « Évidemment, à l’époque, il n’y a pas de hit-parade, précise Pierre Tronchon. Dans les rues, des joueurs d’accordéons vendent pour trois sous des feuillets avec les paroles de chansons que l’on appelle « petits formats ». On sait que les ventes de La Paimpolaise ont explosé. »

Paimpol la commerçante, la ville des armateurs, est à l’époque plus petite que ses voisines Plourivo, Kerfot ou Kérity, plus ouvrières et agricoles. Connue pour être un des plus grands ports morutiers et de construction de goélettes de Bretagne, la petite ville en devient bientôt un emblème de toute la région, grâce à la chanson.

Pourtant, à l’époque de son écriture, Théodore Botrel n’a jamais mis les pieds à Paimpol… Pire encore, la fameuse « falaise » chantée par toute la France… n’existe pas tout à fait. Elle pourrait correspondre au surplomb sur la mer depuis Pors-Even, où à une maison de passe de Paimpol, où plus simplement à rien, sinon la rime…

En réalité, Théodore Botrel s’est inspiré du roman de Pierre Loti, pêcheur d’Islande, qu’il vient de dévorer. L’histoire d’amour entre la jeune Gaud et Yann le pêcheur se transpose dans la chanson : Un marin parti vers l’Islande, qui pense à sa belle Paimpolaise… jusqu’à périr en mer. Au départ composée sur un rythme de chasse, la musique (d’Eugène Feautrier) est ralentie au fil des ans, pour en devenir plus mélancolique, quelques couplets sont réécrits.

Théodore Botrel ne viendra qu’en 1896 à Paimpol, puis l’année suivante, chanter pour le pardon des Islandais. La chanson, par la voix de Mayol, poursuit sa carrière. Au fil des décennies, les adaptations se multiplient : La Lannionnaise, La Brestoise, la petite Liégoise (en Belgique)… 300 chansons fleurissent.

La Paimpolaise devient « la Marseillaise des Bretons », au grand dam de certains, comme l’écrivain Xavier Grall, qui y voit « l’image d’une Bretagne mièvre, sentimentale, morveuse, pitoyable ». Théodore Botrel devient « le Breton de Paris », l’homme de salons de la capitale, déraciné, colporteur de clichés.

Pierre Tronchon rétablit l’équilibre : « Certes, la chanson finit par générer des publicités, se retrouve sur des cartes postales, cahiers d’écoliers, évoquant une Bretagne fantasmée, un peu « cliché ». Mais Théodore Botrel est aussi celui qui écrit par exemple la chanson sur les petits « graviers ». Il est le seul à décrire la vie terrible des jeunes mousses de l’époque. »

Dans la chanson, il évoque le sort terrible fait aux enfants de 12 ans, enrôlés sur les bateaux, qui travaillent 20 heures par jour, loin de chez eux ; des mois durant, saoûlés d’alcool et roués de coups. « Cela, les autres chanteurs n’en parlent pas. Lui, si », insiste Pierre Tronchon.

De Botrel lui-même, puis Mayol, jusqu’à… l’animatrice de télévision Dorothée dans les années 90, la chanson a continué durant tout le siècle de porter avec elle son lot d’imaginaire sur la ville. Aujourd’hui encore, l’office du tourisme reçoit régulièrement des touristes venus leur demander « Où se trouve la falaise de la chanson ? »

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Amak ezkondu ninduen

Traduction : Ma mère m’avait mariée

1 – Ma mère m’avait mariée,
ayant 15 ans,
avec un homme
de 80 ans,
et moi, jeune fille,
avec ce vieux monsieur.

2 – Mère, pourquoi moi
voudrais-je de ce vieux monsieur ?
Le prendre puis par la fenêtre
Je finirai par le jeter,
Ah Seigneur! Par la fenêtre
Je finirai par le jeter.

3 – Fille, garde le silence,
Il est riche,
Aie patience
Pendant un ou deux ans,
Une fois mort
Tu vivras heureuse!

4 – Que le diable emporte
Ces intérêts,
Plutôt que lui, je préfère
Un de mon âge,
Ah Seigneur ! un âgé de 20 ans
qui vient juste de fleurir !

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