Le Curé et le Mort

Jean de La Fontaine s’inspire, pour cette fable, d’une histoire vraie relatée par Madame de Sévigné dans ses lettres. Il l’adapte ensuite sur un ton humoristique.
Un curé, après avoir enterré un mort, se réjouit des bénéfices qu’il va pouvoir tirer de la cérémonie. Mais ironie du sort, il se fait briser le crâne par le cercueil tombé de son carrosse.
Le fabuliste critique les mœurs du clergé et sa folie des grandeurs. C’est donc une double morale qui trouve son écho dans la fable précédente "La Laitière et le Pot au Lait", une complicité avec le lecteur se met alors en place.
La Fontaine est aujourd’hui le plus connu des poètes français du XVIIe siècle, et il fut en son temps, sinon le plus admiré, du moins le plus lu, notamment grâce à ses Contes et à ses Fables.
Styliste éblouissant, il a porté la fable, un genre avant lui mineur, à un degré d’accomplissement qui reste indépassable.
Moraliste, et non pas moralisateur, il pose un regard lucide sur les rapports de pouvoir et la nature humaine, sans oublier de plaire pour instruire.
Le Loup et le Chien

La fable "Le Loup et le Chien" dépeint deux modes de vies complètement opposés : celui du loup (la liberté) et celui du chien (la soumission).
La question sur l’esclavage se pose. Le Chien néglige les contraintes de sa servilité, aveuglé par les avantages matériels.
A travers le dialogue qui s’installe entre le Loup et le Chien, le fabuliste laisse au lecteur le soin de trouver lui-même la morale.
La Fontaine dénonce les mœurs de la cour de Louis XIV et condamne le chien qui représente les nobles dont la soif de confort et d’argent ne s’étanche que par la perte d’indépendance.
La Fontaine est aujourd’hui le plus connu des poètes français du XVIIe siècle, et il fut en son temps, sinon le plus admiré, du moins le plus lu, notamment grâce à ses Contes et à ses Fables.
Styliste éblouissant, il a porté la fable, un genre avant lui mineur, à un degré d’accomplissement qui reste indépassable.
Moraliste, et non pas moralisateur, il pose un regard lucide sur les rapports de pouvoir et la nature humaine, sans oublier de plaire pour instruire.
Te souviens tu ?

Te souviens-tu ? est une des plus fameuses chansons du goguettier Émile Debraux, chantée sur un air de Joseph-Denis Doche. Datant de 1817, elle contribua à la célébrité de son auteur.
Emile Debraux a aussi écrit Fanfan la Tulipe. A noter que "Te souviens-tu" a connu une version allemande, collectée en Alsace à Epfig en 1830 : "Der alte Krieger".
Ce chant évoque de façon poignante les souvenirs d’un ancien officier de la Grande Armée qui rencontre un vétéran, simple soldat qui mendie son pain et qui jadis lui a sauvé la vie au combat.
L’allusion à la mendicité fait aussi référence ici à ce que les anciens "grognards" obtinrent après la fin du Premier Empire l’autorisation de mendier si besoin est pour subvenir à leurs besoins, la mendicité étant sinon à l’époque un délit réprimé.
Cette chanson est parfois citée sous le nom de "T’en souviens-tu ?" ou "Souvenir d’un vieux militaire".
L’air de "Te souviens tu?" a aussi été repris lors de la Commune de Paris dans la chanson satirique Paris pour un beefsteak.
Jeiki, Jeiki

Un monument de la chanson basque pour faire revivre la pêche à la baleine.
La chanson "jeiki jeiki" parle de la pêche à la baleine, une pêche longuement pratiqué par les basques. Tout au long de la côte des villes basques comme Biarritz, Guéthary, Hendaye, Fontarrabie,… ont la baleine comme symbole dans leur armoirie.
<ins>Traduction :</ins> Debout, debout !
Debout, debout, gens de la maison,
Il fait grand jour,
Il fait grand jour !
1 – Sur la mer résonne
La trompette d’argent
Et aussi tremble
La rive hollandaise. (bis)
2 – Depuis la mer s’approche
Un navire chargé,
Allons tous avec l’intention
de l’attaquer ! (bis)
3 – Sur la mer apparaît
Une douce lueur,
Après avoir eu peur devant elle
L’obscurité s’enfuit. (bis)
Allons à Messine

Chant de marin, dont il existe une version paillarde.
Le Forban

Il existe de très nombreuses variantes de ce chant qui n’appartient pas au départ au répertoire traditionnel des marins. Il a été intégré dans le répertoire marin petit à petit, on le trouve dans l’anthologie des Chants de Marins du Chasse-Marée publié en 1997.
"Le Forban" serait une chanson très ancienne qui a été créée par des bagnards de Brest. Le bagne de Brest a été créé en 1751 suite à la dissolution du corps des galères et était connu pour son canon de 24 livres appelé "Tonnerre de Brest", qui était utilisé pour prévenir les évasions. Référence qui parlera aux amateurs de Tintin et du capitaine Haddock !
Les Marsouins ont ajouté la chanson à leur répertoire militaire avec quelques modifications.
Le terme "forban" vient de l’ancien français "forbannir", qui signifie "bannir à l’étranger", et désigne un pirate qui agit pour son propre compte et s’attaque à tous les navires sans distinction.
<ins>Autres couplets</ins><ins> usités :</ins>
A moi forban que m’importe la gloire
Né fils de roi et de prostituée
Sur des cadavres j’ai chanté la victoire
Et dans un crâne j’ai bu la liberté
Vierge craintive, toi, ma captive
Ce soir je vais dévorer tes appâts
Encore brûlant d’une autre amante
Tes vertus vont expirer dans mes bras
Etant forban je vis dans ma cabine
En méprisant les lois, même la mort
Ne vivant que de meurtre et de rapine
Je bois mon vin dans une coupe d’or
Vivre d’orgie est ma seule espérance
Le seul bonheur que j’ai su conquérir
Car sur les flots j’ai bercé mon enfance
Et sur les flots un forban doit mourir
War bont an Naoned

Thème très classique, qu’on retrouve dans de nombreux chants.
Comme je passais sur le pont de Nantes, je vois une jeune fille en train de pleurer. Je lui demande pourquoi elle pleure :
"- mon anneau d’or, dit-elle, est tombé à la mer
– que me donnerez-vous pour que j’aille le chercher ?
– cinquante écus, et de bon coeur !
Le jeune homme plonge une fois, deux fois … et se noie à la troisième
Son père, à sa fenêtre, se lamente : "j’avais trois fils, ils se sont noyés tous les trois"
Les cloches d’Armor

1 – Au bord du flot berceurDans la petite EgliseYvonnec le pêcheurÉpouse sa promise. (Refrain) Sonnez en ce beau jourSonnez pour les amoursO cloches, sonnez doncVotre plus gai carillon.Digue digue ding dong ! 2 – Les pêcheurs de l’ArmorS’embarquent pour l’IslandeEt sans craindre la mortAbandonnent la lande. 3 – Yvonnec est là-bas,Est ravi par la […]
Sont les fill’s de La Rochelle

Chanson de gaillard d’avant du temps des corsaires (début du XVIIIe siècle).
Connue sous le titre Le merveilleux navire, cette chanson monorime ("an") qu’il faudrait écrire en regroupant les paires de vers se retrouve sous près de 80 variantes; elle est notamment mentionnée par Gérard de Nerval (1808-1855).
En voici une des meilleures versions :
Sont les filles de La Rochelle qu’ont armé un bâtiment
Pour aller faire la course aux échelles du Levant.
La grande vergue est en ivoire, les poulies en diamant,
La grand’voile est en dentelle, la misaine en satin blanc;
Les cordages du navire, sont des fils d’or et d’argent
Et la coque est en bois rouge travaillé fort proprement
L’équipage du navire, c’est tout filles de quinze ans.
[Les gabiers de la grande hune n’ont pas plus de dix-huit ans !]
Le cap’taine qui les commande est le roi des bons enfants
Hier faisant sa promenade dessus le gaillard d’avant
Aperçut une brunette qui pleurait dans les haubans
Qu’avez-vous, jeune brunette, qu’avez-vous z’à pleurer tant ?
Z’avez vous perdu père et mère ou quelqu’un de vos parents ?
J’ai perdu mon avantage qui s’en fut la voile au vent,
Il est parti vent arrière, reviendra-z-en louvoyant.
Cette chanson, comme beaucoup d’autres se retrouve sur toute la côte ouest de la France et a été "exportée" au Canada.
Si les choses sont dites clairement dans le dernier couplet de la version actuelle, d’autres versions parlent, non pas du pucelage, mais d’une rose blanche ou bien comme ici, d’un "avantage" perdu.
Fort heureusement, l’"avantage" perdu est parfois traité avec humour comme dans un chanson de la région nantaise qui est à l’origine de Sur les bords de Loire.
Je pleure mon avantage que vous m’avez volé
Que vous m’avez volé sur les bords de Loire
Que vous m’avez volé sur les bords du ruisseau
Tout près du vaisseau, charmant matelot.
"Ne pleurez pas, la belle, je vous le rendrai".
"Ça ne se rend pas, dit-elle, comme de l’argent prêté".
On retrouve ce thème dans d’autres chansons de marins, et en particulier dans Sur les bords de la Loire et La Frégate "La Danaé".
Dans un autre style, il y est également fait allusion dans Les Filles de Camaret.
D’après Aux sources des chansons populaires de Martine David et Anne-Marie Delrieu.
Dans Chants et chansons populaires vol.2 d’Achille Milien, 1908, on trouve une variante:
1 – Ce sont les filles de la Rochelle
Qui veul’ apprendr’ à naviguer.
Ell’ veul’ apprendr’ le pilotage,
Comm’ si c’était de leur métier.
2 – La plus jeune dit à l’aînée :
"Ma sœur, nous faudrait des amants,
Qui sauraient conduire notre barque,
Qui connaîtraient les airs du temps."
3 – L’aînée répond à la plus jeune :
"Nous n’avons pas besoin d’amants.
Car notre barque est trop fragile,
Est trop fragile par avant."
4 – La belle avait tendu ses voiles
Dessous le pavillon flamand;
La bell’ s’en fut y mouiller l’ancre
Dessus la mer des bons enfants.
5 – Mais quand l’ancre fut mouillée,
La belle se prit à pleurer.
"Qu’avez-vous, qu’avez-vous, la belle,
Qu’avez-vous donc à tant pleurer ?"
6 – "J’ai beau pleurer, verser des larmes;
Mon cœur volag’, je ne l’ai plus.
J’ai perdu ma carte marine,
Et mon compas ne marque plus."
7 – Derrièr’ les murs de la Rochelle,
A l’enseign’ du Pavillon blanc,
Y a la mère et les trois filles
Qui verse à boire aux bons enfants.
Salve Regina

L’antienne Salve Regina est une prière catholique, en latin, dédiée à la Vierge Marie. Elle est chantée et appartient au répertoire du chant grégorien. Son incipit littéraire (qui sert de titre) signifie Salut, ô Reine en français.
<ins>HISTOIRE</ins>
Guillaume Durand, l’un des auteurs liturgiques les plus importants du Moyen Âge, l’a cependant attribuée à Pierre de Monsoro, évêque de Compostelle, en Espagne. D’autres l’ont aussi attribuée à Adhémar, l’évêque du Puy-en-Velay qui fut le premier à demander la permission d’aller en Croisade. Parfois, le compositeur est attribué à Herman de Reichenau.
Mais il n’existe aucun manuscrit avant le xiie siècle. Les frères dominicains ont commencé à l’utiliser pendant l’office des Complies en 1221 ; les cisterciens, quant à eux, l’utilisent depuis 1251. Les chartreux la chantent chaque jour lors des Vêpres depuis le xiie siècle. Il est cependant probable que la première version des chartreux est plus ancienne : « Salve Regina misericordiæ … Vitæ dulcedo (douceur de vie) ».
De nos jours, le manuscrit le plus ancien de cette antienne reste le dit antiphonaire cistercien de Moromond copié vers 1175 et destiné au diocèse de Milan (Bibliothèque nationale de France, nouvelles acquisitions latines no 1412), dans lequel elle était réservée à l’hymne Benedictus ou Magnificat lors de grandes fêtes mariales. Mais il est possible que la datation puisse remonter à 1135, une procession mariale d’après Pierre le Vénérable3.
Basilique Notre-Dame d’Avioth
Saint Bernard serait l’auteur des trois dernières invocations : O Clemens, O Pia, O Dulcis Virgo Maria. En effet, d’après les récits de ses miracles, il se trouvait dans la cathédrale de Spire (Speyer), en Allemagne, en présence de tout le clergé, quand il se mit trois fois à genoux, disant à chaque agenouillement l’une des trois invocations. L’Église aurait ensuite décidé d’incorporer ces prières à la fin du Salve.
Selon une autre tradition, il se trouvait dans la basilique Notre-Dame d’Avioth (actuellement dans le département de la Meuse) quand il chanta le Salve Regina pour la première fois. D’autres sources attribuent au saint la composition de toute l’antienne.
Le réformateur du xvie siècle Martin Luther trouvait que cette prière exagérait le rôle de Marie dans l’histoire du salut de l’âme. De fait, dans l’Église catholique, le langage de la dévotion n’est pas le même que celui des dogmes et cela put l’irriter. Au xviie siècle, les jansénistes ont voulu changer certaines paroles de la prière.
On raconte que Christophe Colomb l’a chantée avec les Indiens d’Amérique. Le pape Léon XIII a prescrit sa récitation, notamment à la fin des messes basses (fin du xixe siècle). De nombreux compositeurs l’ont mise en musique, sans forcément tenir compte du motif musical original. Citons, au xviie siècle Marc-Antoine Charpentier H 24, H 23, H 27, H 18, au xviiie siècle, les noms d’Antonio Vivaldi et de Giovanni Battista Pergolesi (en français Jean-Baptiste Pergolèse). Le Salve Regina de Francis Poulenc, écrit dans un temps de souffrances (1941) est resté célèbre.
Le jour de son exécution, le 27 mai 1610, François Ravaillac, assassin de Henri IV demanda au greffier « si le peuple p[ouvait] chanter le Salve Regina. » Et ce dernier y consentit.
Un usage liturgique traditionnel veut qu’on incline la tête en prononçant les noms de Jésus et Marie, par respect pour leurs personnes.
<ins>Mise en musique</ins>
Marc-Antoine Charpentier a composé durant les années 1670 un Salve Regina à trois chœurs H 24, deux Salve Regina pour 3 voix et basse continue H 23 H 23 a et H 18, un Salve Regina des Jésuites pour 1 voix et basse continue H 27, un Salve Regina pour 3 voix et basse continue H 18.
Alessandro Scarlatti a composé cinq différents Salve Regina entre 1703 et 1716.
Giovanni Battista Pergolesi a composé un Salve Regina en 1736.
Sébastien de Brossard a composé un Salve Regina.
Francis Poulenc a composé un Salve Regina en 1941.
Arvo Pärt a composé un Salve Regina en 2001.