La Blanche Hermine, composée par Gilles Servat en 1970, est un hymne en l’honneur de l’identité bretonne. Elle appelle à la lutte armée contre les Français, considérés comme des oppresseurs. Le signe du ralliement est l’hermine, emblème héraldique de la Bretagne et dont les caractéristiques (blancheur, symbole en forme de croix) et l’histoire (blason du duché de Bretagne, indépendant) font un symbole de pureté et d’intégrité culturelle, mais aussi d’indépendance.
Le texte de la chanson fait allusion à divers moments de l’histoire de la Bretagne : les citadelles de Clisson et de Fougères ont été utilisées lors des guerres féodales opposant Bretons et Français autour du XVème siècle, tandis que les paysans qui se lancent dans une guerre d’embuscades semblent plutôt se référer à la Chouannerie pendant la Révolution. On y retrouve encore d’autres détails de la culture bretonne comme la mouette et les marins, l’ajonc ou les bocages.
Cette chanson est un hymne à la sauvegarde du patrimoine breton, et est à présent très profondément ancré en Bretagne dont il est s’est imposé comme hymne non officiel, mais sa célébrité la fait sortir du simple cadre régional et indépendantiste. L’intention revendicatrice de l’auteur est souvent édulcorée voire oubliée, comme le montre la substitution très courante de « la guerre aux Francs » par « la guerre au front« . Son rythme entraînant l’a par ailleurs fait rentrer dans le répertoire des chants de marche militaires, au point que la Blanche Hermine est couramment considérée autant comme un chant militaire que comme un chant breton.