« Il était une fermière » s’inscrit dans la longue tradition française des jeux chantés, ces rondes où les paroles dictent les mouvements à exécuter collectivement. Sans auteur identifié, le chant appartient au fonds anonyme de la littérature orale enfantine, transmis par les familles et les maîtresses d’école bien avant que les folkloristes du XIXe siècle ne commencent à consigner ces répertoires.
La structure du chant est caractéristique du genre : une courte mise en scène narrative — la fermière qui part au marché, ses pommes dans un panier — précède un refrain à onomatopée (« Rouli Roula ») qui signale le passage aux consignes chorégraphiques. Ces instructions directionnelles (trois pas en avant, trois pas en arrière, deux pas de côté) sont typiques des rondes de cour d’école, où le chant sert à coordonner les déplacements d’un groupe en cercle ou en file.
La diffusion des jeux chantés s’est considérablement accélérée avec la scolarisation de masse sous la Troisième République : les instituteurs intégraient rondes et comptines dans les récréations, y voyant un outil d’apprentissage du rythme et de la langue française. Ce contexte a favorisé la standardisation et la large transmission de nombreuses rondes anonymes, dont « Il était une fermière » est un exemple représentatif.
Aujourd’hui encore, ce chant figure dans les répertoires des classes maternelles et des animateurs de jeunesse, apprécié pour sa structure simple, son refrain entraînant et ses consignes de mouvement qui soutiennent l’éveil corporel et musical des jeunes enfants.