1 – Les voilà, ces couleurs peintes dans ma mémoire,
Qui flottaient dans l’air libre autour de mon berceau !
Le voilà, ce doux prisme où j’ai vu tant de gloire !
Ralliez-vous, Français ! voilà votre drapeau.
2 – On le brise, on le brûle ; on ne saurait l’éteindre :
Il renaît de sa cendre, il se rallume au jour.
O grand peuple, il t’ombrage ; et c’est pour mieux l’étreindre
Qu’il est tombé du soleil dans son réveil d’amour.
3 – Voyez, c’est l’arc sauveur qui brille après l’orage ;
Voyez, de toutes parts, il cerne l’horizon ;
Phare longtemps voilé, guide ardent du courage,
Aimé… comme un ami qui sort de sa prison.
4 – Le voilà, ce trésor, linceul de tant de braves !
Qu’on l’étende sur eux ! C’est pour lui qu’ils sont morts.
Qu’il est grand dans les airs, sorti de ses entraves !
Qu’il est beau dans vos bras, dans vos rangs sans remords.
5 – Sentez-vous palpiter la tombe fraîche, immense
De nos jeunes héros ? Français, que vos couleurs
Se baignent dans leur gloire où la nôtre commence !
Baptisez ce drapeau par leur sang et nos pleurs !
6 – Et Dieu le répandra, comme un sillon de flamme,
Des montagnes sur l’onde, et du ciel au vallon.
Liberté ! Liberté ! vœu du cœur et de l’âme,
Le monde a des échos pour répéter ton nom.











