Insecte ailé chéri des dieux,
Toi qui leur fournis l’ambroisie.
Toi dont on admire en tous lieux.
Et la sagesse et l’industrie,
Permets que ma muse, aujourd’hui,
En lui rappelant ton image,
bis Offre aux yeux de plus d’un ami,
Le miroir du Compagnonnage.
Or, écoutez, chers Compagnons,
Je vous parle ici de l’abeille,
Car en fait de comparaison
Le sujet convient à merveille.
L’abeille fut dans tous les temps,
Des Compagnons, le vrai modèle ;
bis Union, sagesse et talents,
Est-il un plus beau parallèle ?
L’abeille suit la même loi
Qu’ ont toujours suivie ses ancêtres,
Et toujours fidèle à son roi,
Ne reconnaît point d’autres maîtres
Comme l’abeille, nous n’avons
Qu’un maître sur le Tour de France.
bis Et la règle que nous suivons
N’est point soumise à l’inconstance.
L’abeille construit en secret
Le chef-d’œuvre de son génie ;
De ses travaux, l’œil indiscret
N’en connaît que la symétrie,
De même, dans notre Devoir
Qui peut connaître nos mystères ?
bis Qui peut même jamais savoir
Ce qui se passe entre nos frères ?
Quand la plus belle des saisons
Nous ramène Zéphire et Flore.
Je vois, en dépit des frelons,
Mille essaims d’abeilles éclore ;
En dépit de nos ennemis,
Le printemps vient-il de renaître ?
bis Mille Aspirants se sont promis
De servir aussi notre Maître.
Quand vient le temps de ses travaux,
J’entends l’abeille qui bourdonne.
Pour elle, il n’est plus de repos,
Jusques au milieu de l’automne.
Cher Compagnon, c’est en ce temps
Que s’anime notre courage
bis Et que nous cueillons sur les champs
Les doux fruits du Compagnonnage.
Sur les champs il est des frelons
Qui voudraient détruire nos ruches ;
Comme l’abeille, Compagnons,
Méfions-nous de leurs embûches.
Armons-tnous de notre aiguillon
Contre ces frelons pleins de rage ;
bis Vendôme, par cette chanson,
La-Clef-des-Cœurs nous y engage.














