Paroles de

L’abeille

Paroles de

L’abeille

Écouter sur :

Insecte ailé chéri des dieux,
Toi qui leur fournis l’ambroisie.
Toi dont on admire en tous lieux.
Et la sagesse et l’industrie,
Permets que ma muse, aujourd’hui,
En lui rappelant ton image,
bis Offre aux yeux de plus d’un ami,
Le miroir du Compagnonnage.

Or, écoutez, chers Compagnons,
Je vous parle ici de l’abeille,
Car en fait de comparaison
Le sujet convient à merveille.
L’abeille fut dans tous les temps,
Des Compagnons, le vrai modèle ;
bis Union, sagesse et talents,
Est-il un plus beau parallèle ?

L’abeille suit la même loi
Qu’ ont toujours suivie ses ancêtres,
Et toujours fidèle à son roi,
Ne reconnaît point d’autres maîtres
Comme l’abeille, nous n’avons
Qu’un maître sur le Tour de France.
bis Et la règle que nous suivons
N’est point soumise à l’inconstance.

L’abeille construit en secret
Le chef-d’œuvre de son génie ;
De ses travaux, l’œil indiscret
N’en connaît que la symétrie,
De même, dans notre Devoir
Qui peut connaître nos mystères ?
bis Qui peut même jamais savoir
Ce qui se passe entre nos frères ?

Quand la plus belle des saisons
Nous ramène Zéphire et Flore.
Je vois, en dépit des frelons,
Mille essaims d’abeilles éclore ;
En dépit de nos ennemis,
Le printemps vient-il de renaître ?
bis Mille Aspirants se sont promis
De servir aussi notre Maître.

Quand vient le temps de ses travaux,
J’entends l’abeille qui bourdonne.
Pour elle, il n’est plus de repos,
Jusques au milieu de l’automne.
Cher Compagnon, c’est en ce temps
Que s’anime notre courage
bis Et que nous cueillons sur les champs
Les doux fruits du Compagnonnage.

Sur les champs il est des frelons
Qui voudraient détruire nos ruches ;
Comme l’abeille, Compagnons,
Méfions-nous de leurs embûches.
Armons-tnous de notre aiguillon
Contre ces frelons pleins de rage ;
bis Vendôme, par cette chanson,
La-Clef-des-Cœurs nous y engage.

À propos

« L’abeille » est un chant du Compagnonnage qui célèbre l’insecte comme modèle des artisans du Tour de France : union, sagesse et maîtrise du métier. Transmis au sein des confréries depuis le xviiie siècle, il exalte les valeurs fondatrices du Devoir à travers la métaphore de la ruche et des mystères jalousement gardés entre frères Compagnons.

Histoire

Le Compagnonnage est une tradition française d’artisans voyageurs qui, depuis le Moyen Âge, parcourent la France de ville en ville pour parfaire leur art dans le cadre du Tour de France. Les chansons y tiennent une place centrale : elles transmettent les valeurs morales, resserrent les liens de fraternité lors des rassemblements et perpétuent les usages de la société. « L’abeille » appartient à ce corpus de chants de Devoir dont les plus anciens témoignages écrits remontent au xviiie siècle.

Le choix de l’abeille n’est pas anodin. Dans la pensée compagnonnique, elle incarne à la fois l’industrie de l’ouvrier habile, l’obéissance à une loi collective et le secret entourant la fabrication du chef-d’œuvre. La ruche, microcosme ordonné où chacun tient son rôle, sert de miroir idéal à la communauté compagnonnique : « Union, sagesse et talents », formule répétée comme une devise dans le texte même du chant.

La référence explicite aux « mystères » et au « Devoir » indique que ce chant était réservé aux initiés. Les Compagnons distinguaient soigneusement les chants de table ouverts à tous de ceux qui ne se chantaient qu’entre frères reconnus. Cette discrétion explique que beaucoup de ces pièces n’aient été consignées que tardivement, notamment dans les mémoires et recueils compilés par des compagnons lettrés du xixe siècle, parmi lesquels Agricol Perdiguier, dit « Avignonnais la Vertu » (1805-1875), auteur des Mémoires d’un compagnon (1854).

Le Compagnonnage du Tour de France a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2010, ce qui a suscité un regain d’intérêt pour son répertoire chanté. Les Compagnons du Devoir et du Tour de France continuent aujourd’hui de transmettre ces chants lors des cérémonies de réception et des banquets de fraternité.

Retrouvez ce chant dans :

Bayernhymne

La Bayernhymne est l’hymne officiel du Land de Bavière. Composée en 1860 par Konrad Max Kunz (musique) et Michael Öchsner (paroles), elle a été interprétée pour la première fois par la Bürger-Sänger-Zunft München le 15 décembre 1860. À l’origine hymne royal, elle remplaçait « Heil unserm König, Heil! » comme chant emblématique du royaume.

Avec le temps, différentes versions sont apparues. En 1948, le poète Joseph Maria Lutz rédige une nouvelle version sur demande de la Bayernpartei (parti régionaliste bavarois), souhaitant marquer une orientation indépendantiste de la Bavière. Il remplace notamment des expressions comme „deutsche Erde“ (« terre allemande ») par „Heimaterde“ (« sol natal ») et propose une nouvelle troisième strophe, centrée sur les droits de l’homme.

La version de Lutz a été recommandée en 1966 par le ministre-président Alfons Goppel, mais en 1980, Franz Josef Strauß décide que les deux premières strophes d’Öchsner (adoptées dès 1952-53) resteraient la version officielle pour les écoles et les médias publics.

Depuis 1964, la Bayernhymne est jouée lors des cérémonies officielles, et bénéficie d’une protection juridique particulière en tant que symbole de l’État.

Traduction :

1. Que Dieu soit avec toi, État de Bavière,

terre allemande, Patrie !

sur ton grand territoire,

se pose Sa main miséricordieuse !

Il protège vos prairies,

sert de bouclier aux constructions de tes villes

Et conserve les couleurs

de Son ciel, blanc et bleu !

2. Que Dieu soit avec toi, Peuple bavarois,

que nous, à la valeur de nos pères,

fermement en harmonie et en paix

construisions notre propre fortune !

Qu’avec les liens de fraternité allemande

unis chacun puisse nous voir

et l’ancienne splendeur résiste à l’épreuve

notre bannière, blanche et bleue !

Troisième couplet :

Version originale (Michael Öchsner, 1860)

Allemand

Gott mit ihm, dem Bayernkönig,

Segen über sein Geschlecht!

Denn mit seinem Volk im Frieden

wahrt er dessen heilig Recht!

Gott mit ihm, dem Landesvater,

Gott mit uns in jedem Gau,

Gott mit dir, du Land der Bayern,

Deutsche Heimat, Weiß und Blau!

Français

Que Dieu soit avec lui, le roi de Bavière,

Que la bénédiction repose sur sa lignée !

Car avec son peuple, dans la paix,

Il protège ses droits sacrés !

Dieu avec lui, le père du pays,

Dieu avec nous dans chaque région,

Dieu avec toi, pays de Bavière,

Patrie allemande, blanc et bleu !

Version modifiée (Joseph Maria Lutz, 1948)

Allemand

Gott mit uns und Gott mit allen,

die der Menschen heilig Recht

treu beschützen und bewahren

von Geschlechte zu Geschlecht.

Frohe Arbeit, frohes Feiern,

reiche Ernten jedem Gau!

Gott mit dir, du Land der Bayern,

unterm Himmel, weiß und blau!

Français

Dieu avec nous et avec tous

Ceux qui protègent fidèlement

Le droit sacré de l’homme

De génération en génération.

Travail joyeux, fêtes joyeuses,

Abondantes récoltes à chaque région !

Dieu avec toi, pays de Bavière,

Sous le ciel, blanc et bleu !

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Les lacs du Connemara

Paroles Pierre Delanoë et Michel Sardou. 1981.

Le 45 tours regroupant Les Lacs du Connemara et Je viens du sud a été vendu à plus d’un million d’exemplaires en France.

La chanson a un impact touristique, puisqu’elle aurait causé 350 000 visites supplémentaires dans le Connemara. L’abbaye de Kylemore, première attraction touristique de la région, compte ainsi 20 % de visiteurs français, et des visites guidées sont proposées dans cette langue. Sur les 350 000 Français qui visitent annuellement l’Irlande, plus de la moitié se rend dans le Connemara.

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