Paroles de

Attente

Écouter sur :

Monte, écureuil, monte au grand chêne,
Sur la branche des cieux prochaine,
Qui plie et tremble comme un jonc.
Cigogne, aux vieilles tours fidèle,
Oh ! vole et monte à tire-d’aile
De l’église à la citadelle,
Du haut clocher au grand donjon.
Vieux aigle, monte de ton aire
À la montagne centenaire
Que blanchit l’hiver éternel.
Et toi qu’en ta couche inquiète
Jamais l’aube ne vit muette,
Monte, monte, vive alouette,
Vive alouette, monte au ciel !

Et maintenant, du haut de l’arbre,
Des flèches de la tour de marbre,
Du grand mont, du ciel enflammé,
À l’horizon, parmi la brume,
Voyez-vous flotter une plume
Et courir un cheval qui fume,
Et revenir mon bien-aimé ?

À propos

Le poète français Victor Hugo (1802-1885) est un esprit puissant, d’une grandeur épique.

Défenseur des opprimés et initiateur d’idées libérales, ses poèmes chantent la bonté et l’humanité, mais aussi la responsabilité individuelle.

Hugo devient le porte-parole des romantiques.

Véritable chef d’orchestre d’idées et de métaphores, doté d’une imagination prolifique et de puissantes images descriptives, il reflète les temps et lie le poète à un prophète des masses.

Membre de l’Académie, exilé par l’empereur, il retourne en France et est élu à l’Assemblée Nationale.

Il est enterré au Panthéon et laisse tout le pays dans le deuil.

Boutique en ligne

Affichez votre histoire, vos terroirs ! T-shirts marins, sweats scouts, mugs bretons et tote-bags aux refrains mythiques : emportez l’esprit des chants français partout avec vous.

L’edelweiss

Es War ein Edelweiss est la version originale de ce chant datant des années 30′ 40′.

Son auteur est le célèbre Herms Niel.

Ce chant devenu chant de tradition des troupes de montagne de l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale, il serait passé dans le répertoire français dans les années 50 avec les anciens soldats allemands intégrés à la Légion étrangère.

Il est logiquement interprété par les troupes de montagne.Il ne s’agit pas d’une traduction mais d’une adaptation : les paroles originales font essentiellement référence à la femme aimée et la fleur edelweiss. La version française au contraire est essentiellement guerrière.

Lire la suite »

Dans la brume et la rocaille

Ce chant date de la guerre d’Algérie, mais le troisième couplet (allusion aux cheveux longs) a été rajouté dans les années 70.

Il est enregistré pour la première fois en 1978.

Ses paroles montrent la permanence des thèmes des chants des unités parachutistes : souffrance acceptée, combat pour la délivrance de la Patrie, maintien de l’idéal, respect des anciens.

Source Thierry Bouzard

Lire la suite »

Sur le pont du Nord

Extrait de nantes.patrimonia.fr

Une jeune fille souhaite aller danser mais sa mère s’y oppose à cause du fleuve en crue. Le frère arrive et emmène sa sœur danser. Les eaux recouvrent les ponts et emportent le frère et la sœur qui se noient.

Les chansons édifiantes ou moralisatrices ne sont pas rares dans le répertoire traditionnel mais souvent le message, aussi austère et rigoriste soit-il, n’apparait pas toujours de manière très évidente et lorsque c’est le cas, il intervient le plus souvent au dernier couplet.

Ce couplet endosse alors la responsabilité d’exprimer une morale dont la jeunesse est d’ordinaire la destinatrice. La danseuse noyée a été recueillie dans les deux modes : sans couplet moralisateur ou avec, comme dans celle recueillie par Patrick Bardoul à Sion-les-Mines (44) en 1988 qui conclut ainsi son propos : Voilà l’histoire des enfants entêtés / Qui vont au bal sans y avoir songé.

La pratique consistant à conclure un chant avec une morale sévère est particulièrement présente dans le répertoire des complaintes criminelles, dans lesquelles le dernier couplet, qui suit d’ordinaire celui consacré à l’exécution du coupable, est suivi du fameux avertissement à la jeunesse, sur le ton ordinaire et définitif de « Bien fait pour lui ! ».

 

Nantes, dans le texte

La ville de Nantes apparaît dans beaucoup de chansons-types par ses ponts. On trouve donc une certaine logique dans le fait qu’un grand nombre de versions de La danseuse noyée localisent l’action dans cette ville. D’autres optent pour une géographie plus neutre en plaçant le bal fatidique sur « le pont du Nord ». Le poids historique et urbanistique des ponts dans l’histoire de la ville offre donc un cadre idéal pour placer l’action de ce drame. Pour plus de détails sur ce point, je vous renvoie à l’ouvrage d’André Péron (voir bibliographie).

 

D’une rive à l’autre

Il s’agit d‘une de ces très nombreuses chansons dans lesquelles le pont joue un rôle essentiel. Le fait qu’il constitue le principal décor de l’action n’est pas la seule raison et n’explique pas la motivation d’un tel choix. En plus d’être des espaces de circulation, les ponts étaient autrefois des lieux de société, des lieux de vie et, par conséquent, aussi des lieux de rencontre. De fait, il est donc logique qu’ils soient aussi le théâtre de scènes de diverses natures : galante, tragique, épique, etc.

Mais outre le fait que le pont fait le lien entre deux entités géographiques, on peut également considérer qu’il symbolise le passage entre deux mondes. Selon les cas il peut s’agir du lien entre le monde des vivants et celui des morts – dans certaines traditions, le pont est remplacé par un passeur – ou comme on peut raisonnablement le penser dans le cas qui nous occupe, le passage entre deux âges de la vie : de l’enfance à l’âge adulte.

Je souscris volontiers et même ardemment à la seconde option car la chanson est très claire sur le fait que l’héroïne est très jeune, puisqu’elle sollicite l’autorisation parentale pour se rendre au bal. L’opposition parentale, même si elle prend prétexte du danger d’un fleuve en crue, apporte la dimension conflictuelle entre les personnages, conflit qui doit aboutir au drame que l’on sait, jusqu’à la morale énoncée plus haut. Celle-ci porte donc l’idée que ce sont les parents qui décident pour leurs enfants du moment où, précisément, ils ne sont plus des enfants et peuvent entrer dans l’âge adulte. La morale qui s’affiche porte donc aussi le message selon lequel la désobéissance à ce principe de base peut être très sévèrement punie. On est à la limite du châtiment divin.

 

Une leçon expéditive

On remarquera que le texte choisit la danse comme motif de la tentation et objet du conflit entre la fille et la mère, or on sait que la danse fut longtemps très sévèrement réprouvée par l’église qui l’assimilait à une pratique contre nature pour ne pas dire un tantinet diabolique. Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur les opportunités de rencontres amoureuses qu’offrait le bal aux jeunes gens en âge de se marier ou proches de l’être pour être convaincu du fait que nombre de parents partageaient cette méfiance. En définitive, le texte semble prendre parti pour cette morale objectivement sévère car, dans tous les cas, en dépit des quelques nuances que l’on peut trouver d’une version à une autre, l’histoire se termine toujours par la mort des deux jeunes gens. Le message s’adresse aussi bien à ces derniers qu’aux parents que l’on qualifierait aujourd’hui de « permissifs ».

Toutefois, et histoire de conclure sur une note moins austère et plus optimiste, on peut aussi avoir une toute autre lecture du texte et considérer que la noyade elle-même n’est que symbolique, que la jeune fille a basculé malgré les éléments contraires à sa volonté d’un statut à un autre, profitant du contexte favorable d’un bal où les trémoussements cadencés se sont peut-être mués en ébats amoureux.

Lire la suite »

Ciucciarella

Berceuse corse.

Traduction

1 – Ô petite fille, tu ne sais combien je t’adore,
Tes beautés, tes colliers en or,
Petite fille en sucre,
Combien cette nuit est longue,
Fais dodo, fais dodo,
Ton père est à la campagne,

2 – Je veux monter, là-haut sur ces collines,
Il y a les chèvres, les mouflons et les bichettes,
Là-haut sont les trois lapins,
Cours, si tu les attrapes,
Fais dodo, fais dodo,
Ton père est à la campagne,

3 – J’ai trouvé un nid, dedans il y avait deux œufs,
Je suis allée voir l’oiseau qui les couve,
C’était un nid de colombe,
Et trois fois je l’ai rencontrée,
Ô colombe à collier,
Combien cette nuit est longue,

4 – Je suis allée au potager, ce matin de bonne heure,
Bébé n’y était pas, car il était allé à l’école,
Tout ceci pour te voir,
Ô bouquet de violettes,
Fais dodo, fais dodo,
Ton père est à la campagne,

5 – Siffle donc et hurle o tramontane,
Je file le lin et carde la laine,
Je t’ai fait un manteau,
Et garni la soutane,
Ton manteau enchanté,
Tout autour brodé,

6 – Fais dodo, fais dodo,
Ton père est à la campagne…

Lire la suite »

Nos derniers articles