La chanson ‘Au 31 du mois d’août‘ est un hymne marin français du XIXe siècle, inspiré de l’épisode où le corsaire Robert Surcouf et son équipage, à bord de La Confiance, capturèrent le Kent, un trois-mâts indiaman britannique de 1200 tonneaux. Le tableau de la bataille entre le Kent et La Confiance, peint par Ambroise Louis Garneray, témoigne de cet événement historique.

Bien que la chanson tire son inspiration de cette prise, elle présente des différences dans les dates, les lieux et les dimensions des navires par rapport à l’histoire réelle. Les paroles, imprégnées d’un esprit maritime et d’un patriotisme affirmé, célèbrent la victoire française sur les Britanniques. L’événement historique réel se déroula le 7 octobre 1800 près de l’embouchure du Gange, alors que le Kent croisa la corvette corsaire La Confiance. Malgré la disparité de taille entre les navires, Surcouf réussit à aborder le Kent et à le capturer. Les pertes britanniques s’élevèrent à 14 morts et 44 blessés, tandis que les Français ne déplorèrent que cinq morts et une dizaine de blessés.
Quant à la chanson, ses origines exactes demeurent incertaines, avec de nombreuses variantes régionales. En 1941, elle était attribuée à la Bretagne. Elle est considérée comme un authentique chant de la Royale, la marine royale française, et demeure intégrée au répertoire des chansons militaires françaises au XXIe siècle.
La structure du chant repose sur une mélodie de marche militaire préexistante, utilisée comme chant de gaillard d’avant, destiné à accompagner les moments de détente des marins. Elle comprend six couplets de cinq vers, dont les deux premiers sont répétés. Certaines interprétations traditionnelles ne comportent pas de refrain, le refrain (« Buvons un coup… ») étant chanté en tant que dernier couplet.
Le refrain de la chanson s’accompagne d’une gestuelle spécifique, où chaque chanteur entrelace ses bras avec ceux de ses voisins pour former une chaîne humaine. Ce mouvement de balancement de gauche à droite reproduit le tangage d’un navire. Ce geste est initié à la fin du deuxième couplet avec la phrase « pour aller crocher à son bord ». Selon Adeline Poussin, cette gestuelle est généralement dirigée par un sous-officier âgé parmi les militaires, entraînant la participation de soldats jusqu’aux gradés les plus élevés. »