11 – Oui, pour la République un nouveau jour commence :
Nous verrons, à la voix de vos mânes proscrits,
L’humanité dressant l’autel de la clémence
Sur vos respectables débris.
12 – Première déité, des lois source immortelle,
Toi, qu’on adorait même avant la liberté,
Toi, mère des vertus, véritable Cybèle,
Touchante et saint Humanité !
13 – Unis des intérêts qui paraissaient contraires ;
Un cœur qui sait haïr est toujours criminel :
Au festin de l’oubli viens rassembles des frères,
Pressés sur ton sein maternel.
1 – Salut ! thermidor, jour de la délivrance,
Tu viens purifier un sang ensanglanté !
Pour le seconde fois, tu fais luire à la France
Les rayons de la liberté ;
2 – Chantres républicains, célébrez la victoire ;
Vierges du peuple franc, couronnez-vous de fleurs ;
Pères, enfants, époux, bénissez la mémoire
Du beau jour qui sécha vos pleurs.
3 – Le sommet de l’Olympe a vu réduire en poudre
Les superbes géants par la terre enfantés ;
Au sénat de la France, ainsi tombait la foudre
Sur les tyrans épouvantés.
4 – En vain, pour conserver un sanguinaire empire,
A tes yeux, ô soleil ! ils cachaient leur fureur ;
Ivre du sang humain, leur troupe en vain conspire
Avec la nuit et la terreur.
5 – Ne crains plus d’éclairer le triomphe des crimes ;
Remplace de ta sœur l’astre silencieux ;
Les oppresseurs vaincus vont suivre leurs victimes ;
Tu peux remonter dans les cieux.
6 – Le peuple et le sénat ont repris leur puissance ;
Leur voix des noirs cachots rompt les portes d’airain ;
Échafauds, où le crime égorgeait l’innocence,
Tombez à ce cri souverain !
7 – Renverse, ô liberté ! cet autel homicide
Où l’horrible anarchie, un poignard à la main,
Comme autrefois Diane aux monts de la Tauride,
S’apaisait par du sang humain.
8 – Vous, que chante en pleurant l’amitié solitaire,
Femmes, guerriers, vieillards, beauté, talents, vertus,
Vous ne reviendrez plus consoler sur la terre
Vos parents, qui vous ont perdus.
9 – Ah ! de vos noms sacrés la mémoire chérie
Peut du moins quelquefois soulager nos douleurs ;
Du moins sur vos tombeaux la plaintive patrie
A nos pleurs mêlera ses pleurs.
10 – Vous accusez, du fond de vos augustes tombes,
Les coupables vengeurs qui vous ont outragés ;
C’est par de sages lois, non par des hécatombes,
Que vos amis seront vengés.











