Paroles de

Ah ça ira !

Écouter sur :

Ah ça ira, ça ira, ça ira !
En dépit d’z aristocrat’ et d’la pluie,
Ah! ça ira, ça ira, ça ira !
Nous nous mouillerons, mais ça finira.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
On va trop bien l’nouer pour que ça s’délie,
Ah ! ça tiendra ! ça tiendra ! ça tiendra !
Et dans deux mille ans on s’en souviendra !

1 – Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Le peuple en ce jour sans cesse répète,
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Malgré les mutins tout réussira.
Nos ennemis confus en restent là
Et nous allons chanter « Alléluia ! »
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Quand Boileau jadis du clergé parla
Comme un prophète il a prédit cela.
En chantant ma chansonnette
Avec plaisir on dira :
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !

2 – Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Suivant les maximes de l’évangile
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Du législateur tout s’accomplira.
Celui qui s’élève on l’abaissera
Celui qui s’abaisse on l’élèvera.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Le vrai catéchisme nous instruira
Et l’affreux fanatisme s’éteindra.
Pour être à la loi docile
Tout Français s’exercera.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !

3 – Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Pierrette et Margot chantent à la guinguette.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Réjouissons-nous, le bon temps viendra !
Le peuple français jadis à quia,
L’aristocrate dit : « Mea culpa ! »
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Le clergé regrette le bien qu’il a,
Par justice, la nation l’aura.
Par le prudent Lafayette,
Tout le monde s’apaisera.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !

4 – Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Par les flambeaux de l’auguste assemblée,
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Le peuple armé toujours se gardera.
Le vrai d’avec le faux l’on connaîtra,
Le citoyen pour le bien soutiendra.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Quand l’aristocrate protestera,
Le bon citoyen au nez lui rira,
Sans avoir l’âme troublée,
Toujours le plus fort sera.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !

5 – Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Petits comme grands sont soldats dans l’âme,
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Pendant la guerre aucun ne trahira.
Avec cœur tout bon Français combattra,
S’il voit du louche, hardiment parlera.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Lafayette dit : « Vienne qui voudra !
Le patriotisme leur répondra ! »
Sans craindre ni feu, ni flamme,
Le Français toujours vaincra !
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira1 !

6 – Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Les aristocrates à la lanterne.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Les aristocrates on les pendra.
Si on n’ les pend pas
On les rompra
Si on n’ les rompt pas
On les brûlera.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,

7 – Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Nous n’avions plus ni nobles, ni prêtres,
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
L’égalité partout régnera.
L’esclave autrichien le suivra,
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Et leur infernale clique
Au diable s’envolera.

8 – Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Les aristocrates à la lanterne ;
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Les aristocrates on les pendra ;
Et quand on les aura tous pendus,
On leur fichera la paille au c…,
Imbibée de pétrole, vive le son, vive le son,
Imbibée de pétrole, vive le son du canon.

À propos

Auteur : Jean-Antoine BÉCOURT
"Ah ! ça ira, ça ira, ça ira" est un chant de la Révolution Française particulièrement célèbre pour son refrain. Celui-ci, a été publié en mai 1790.

Le titre et le thème de la chanson ont été inspirés par l’optimisme infaillible de Benjamin Franklin, qui était très apprécié par le peuple français lorsqu’il siégeait au Congrès des 13 colonies d’Amérique à Paris de 1776 à 1785. Quand on lui demandait comment allait la guerre d’Indépendance américaine, il répondait toujours dans son français imparfait : "ça ira, ça ira".

Pierre Dac, figure de la Résistance, en reprend le refrain lors d’une de ses interventions à Radio Londres :

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Les collaborateurs à la lanterne.
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Les collaborateurs on les pendra.

Boutique en ligne

Suivez-nous

Affichez votre histoire, vos terroirs ! T-shirts marins, sweats scouts, mugs bretons et tote-bags aux refrains mythiques : emportez l’esprit des chants français partout avec vous.

U sipolcru – A Filetta

“U Sipolcru” est un chant corse de polyphonie sacrée devenu incontournable dans le répertoire d’A Filetta. Composé par Jean-Claude Acquaviva, il fut créé pour un « mystère de la Passion » à Calvi dans les années 1990, avant de devenir l’un des chants phare du groupe. C’est un morceau émouvant qui évoque les sentiments ressentis lors de la mort du Christ et de sa mise au sépulcre.

Origine et contexte historique

À l’origine, « U Sipolcru » a été conçu pour accompagner une représentation de la Passion du Christ (une pièce de théâtre représentant la Semaine Sainte) à Calvi. Il s’inscrit donc dans la tradition des lamentations sacrées corses, un genre où se mêlent foi, mais aussi drame et introspection. C’est un genre qui mêle donc foi et qui s’inscrit dans la grande tradition des chants corses.

La composition et son compositeur

Jean-Claude Acquaviva est un chanteur corse réputé et chef de chœur d’A Filetta. Sa maîtrise de la polyphonie corse lui permet de créer des structures harmoniques (souvent avec des harmonisation modales) qui paraissent simples, mais expriment en fait très finement de grandes tensions spirituelles. L’écriture modale du chant, sa ligne mélodique souvent suspendue et les cadences ouvertes permettent de créer une atmosphère à la fois humble et puissante.

Le chant : structure, style, et interprétation

« U Sipolcru » est exclusivement chanté a cappella, c’est-à-dire sans accompagnement instrumenta ldans une formation essentiellement masculine, comme les plupart des polyphonies corses sacrées. Le texte, en langue corse, se concentre sur le thème du sépulcre (« le tombeau »), de l’attente, de la méditation devant la pierre scellée de la tombe du Christ

La pièce juxtapose des passages plus linéaires et d’autres où les voix créent des harmoniques et battements subtils. Ces inflexions rythmiques et harmoniques font naître une tension dramatique justement dosée. On ressent les silences, les suspensions, les inflexions dynamiques comme des moments de respiration spirituelle.

Côté interprétation, il est essentiel d’équilibrer les voix, de veiller à la diction corse pour une bonne compréhension du texte et de sa poésie (voyelles ouvertes, consonnes nettes, roulés mesurés) et de ménager le crescendo : on n’atteint pas la puissance par la seule énergie, mais par la progression intérieure tout ensemble. Il est donc nécessaire de bien s’écouter pour faire monter ensemble la tension. Enfin, l’acoustique du lieu joue un rôle clé — une église, une chapelle ou un espace à réverbération modérée renforce l’effet mystique du chant.

Discographie et diffusion

On retrouve « U Sipolcru » dans l’album Passione (1997), l’un albums majeurs du renouveau des polyphonies corses. Cet enregistrement a permis de diffuser le chant corse à l’internationale. Depuis, le chant figure aussi dans des compilations et concerts de référence.

En outre, A Filetta a inclus la pièce dans des projets plus contemporains, croisant jazz, musiques méditerranéennes ou expérimentations sonores — comme dans Mistico Mediterraneo (avec Paolo Fresu et Daniele Di Bonaventura). Cette démarche renouvelle la tradition sans la trahir, et permet à « U Sipolcru » d’être entendu dans des contextes variés, au-delà du cercle strictement corse.

Lire la suite »

Le pinard

Paroles de Louis Bousquet, auteur de la Madelon, et musique de Georges Picquet ; Chanson de marche créée au 140e R.I. vers 1916.

 

Lire la suite »

Nos derniers articles