1 – Les collines de la mer
Bondissent jusqu’aux nuages.
A l’assaut de leurs flancs verts
Nous allons cueillir l’espace.
2 – Au sommet mouvant des cimes
Posés comme un albatros
Nous dominons l’Atlantique
De notre minceur d’oiseau.
3 – Mais à chaque bond oblique
Sur la route désirée
La houle nous précipite
Dans ses profondes vallées.
4 – Le beaupré, la pointe en bas,
Ouvre le fond des abîmes,
Ou, redressé comme un mât,
En haut se fleurit d’écume.
5 – Le gouvernail indocile,
A contretemps de la proue,
Bat l’air de coups inutiles
Ou coule à mouiller sa roue.
6 – Pour raidir nos voiles basses
De ses coups de poing violents
Le vent libre dans le ciel
A pris trois cents lieues d’élan.
7 – Mais bordé par nos efforts
Le voilier, muscles et nerfs,
Se défend de tout son corps
Comme une bête des mers.
8 – Et l’instinct le soulevant,
Il va, le nez à la course,
Plein du sentiment obscur
De sa tâche et de sa force.












